

Première review omg, et premier anime de 2022, on commence avec un petit isekai dans la paix (j'avais pas le courage de lancer un gros morceau pr le moment mdr).
Résumé
The world's finest assassin etc. raconte l'histoire d'un assassin de génie (le meilleur que la Terre ait porté) qui meurt assassiné par l'organisation au service de qui il était et qui est réincarné par une déesse pour aller assassiner un héros fou dans un monde style medieval-fantasy.
Le plot de départ est sans doute peu vendeur aux yeux des g33ks les plus puants, c'est le genre de choses qu'on a vu mille fois (on y reviendra plus tard), mas étant bon public je me suis laissé tenter malgré cela en me disant que l'habit ne fait pas le moine.
Univers
Comme je m'y attendais, en ce qui concerne l'intrigue, c'est de l'isekai bien ramen bien sushi comme le Japon sait en faire : une grosse bouillie de pouvoirs élémentaires tout droit sortis d'un JRPG et d'inventions et innovations contemporaines qui sert le protagoniste dans sa quête contre le héros de ce monde d'épées et de magie (fin de citation), ce qui n'est clairement pas sans rappeler ses semblables, Re:Zero, KonoSuba et Mushoku Tensei pour ne citer qu'eux, tant sur le fond que sur la forme. La seule différence ici réside sans doute dans le fait que dans sa vie d'avant, le protagoniste était un adulte "réussi" et pas un amoncellement de défécations humaines auxquels ont nous a habitué. C'est pas l'innovation du siècle mais c'est assez considérable pour le souligner.
On suit donc les aventures du nouvellement nommé Lugh de sa renaissance (en nouveau-né) jusqu'à son adolescence dans un univers on ne peut plus moyenâgeux et magique, qui, à défaut d'être original, a au moins le mérite d'être satisfaisant dans ce qu'il est censé faire ; on en attend pas moins de ce genre de monde vu et revu et l'inverse aurait à mon sens été réellement problématique. Un gros regret concernant l'univers est que les possibilités qui sont présentées à l'Hugues lors de son invocation semblent sans fin (on nous parle de dizaines de milliers de pouvoirs et capacités différentes) ne sont finalement pas du tout exploitées tout le long de cette première saison. Peut-être que l'auteur garde en réserve cette corde, mais si c'est le cas c'est loin d'être une nécessité vu son étendue. On verra bien la saison prochaine, si saison il y a.
Récit
Là où l'avancée d'un Rudeus couvre une bonne partie de sa tendre enfance sans omission embêtante, ici, le rythme que prend le récit de Lugh est assez bancal : on passe de l'état de nouveau à celle de petit garçon de 7 ans déjà bien installé dans ce nouveau monde et cette famille, ce qui est à mon sens un problème au vu du caractère du personnage avant sa mort. En effet, ce dernier était un assassin taciturne, solitaire, efficace et dénué de tout sentiment inutile ; ce n'est qu'en fin de vie qu'il se redécouvre et souhaite donc recommencer une existence dans laquelle il goûtera au bonheur et à la liberté, or la première ellipse nous expose une situation stable, confortable et satisfaisante pour Lugh, qui semble déjà avoir tout ce qui semblait lui manquer auparavant. Pour un personnage hors des codes de son genre, c'est assez dommage de sauter tout ce développement personnel qu'il a dû vivre pour passer de tueur qui ne croit qu'en lui à petit bonhomme qui fait la fierté de sa famille. Les autres ellipses sont par ailleurs assez hasardeuses, on saute des mois et des années sans trop comprendre pourquoi (alors que je me répète mais il y a matière à creuser) pour suivre des péripéties en grande majorité assez inintéressantes.
Parce que oui, malheureusement, les aventures ne rattrapent pour la plupart pas le rythme bancal de l'œuvre. Les enjeux sont peu voire pas prenants, et hormis le dénouement final de la saison (qui est d'ailleurs expédié comme pas permis), aucune des situations ne met ou menace de mettre à mal l'intégrité et la tranquillité du protagoniste et/ou son entourage. C'est un problème qui est à mon sens étroitement lié à sa renaissance blindée de power-ups et de cheat codes qui désamorcent en quasi-permanence le peu de suspense que crée le scénario dans les situations qui y sont propices, surtout que certains passages sont très prévisibles, pour ne pas dire carrément téléphonés. Tout ça tend à rendre une bonne partie de l'anime plus proche du slice of life que de l'aventure, ce qui est assez triste pour une œuvre centrée sur un assassin en quête dans un monde magique. Mention spéciale cependant au flashback sur l'histoire de Maha et de ses amies, étonnamment touchante mais qui est d'autant plus frustrante par sa réussite puisqu'elle prouve que le récit peut être développé de manière à être prenant et à susciter l'émotion alors qu'elle est noyée dans une mare d'intrigues et de sous-intrigues dont on aurait vraiment pu se passer.
Personnages
Malgré ça, un bon point est à mettre en avant concernant les personnages. On a certes droit aux clichés habituels que je vais même pas prendre la peine de lister, mais comme je l'ai mentionné plus tôt, le protagoniste, dans le contexte d'un isekai, est assez intéressant et dans un sens original : c'est un adulte mature, intelligent et professionnellement remarquable (bien que son domaine d'activité le soit moins), même si un peu d4rk s4suk3 sur les bords (mais c'est son métier et son éducation qui veulent ça donc je passe l'éponge). De plus, son évolution (personnelle) dans son nouveau monde se fait d'une manière assez fluide ; même si une grosse partie de sa tendre enfance est passée à la trappe, dans sa manière de penser, d'interagir, de réfléchir, on sent une évolution assez naturelle vers un comportement plus humain. Il reste un fier assassin qui use de tous les bons moyens pour parvenir à ses fins mais sa condition le rattrape de plus en plus, il développe des sentiments au fur et à mesure de ses expériences, et même si l'évolution est parfois un peu maladroite, elle n'en reste pas moins respectable pour un personnage qui revient d'aussi loin, surtout dans un genre où les auteurs ont plutôt tendance à se mâcher le travail avec des héros bien plus propice à une évolution souvent mal amenée que Lugh. Ses connaissances ont cependant souvent tendances à être un poil exagérées, surtout au niveau scientifique (il a des phases où il tient des discours dignes de Dr. Stone, ce qui n'est pas forcément crédible et cohérent pour quelqu'un dont le travail est simplement de tuer des gens)
Autre personnage intéressant dans le lore, Maha, une jeune fille qui va croiser la route de notre tueur et qui va nouer des liens particuliers avec lui. Sa rencontre avec Lugh et ses enseignements vont lui permettre de s'affirmer en tant que femme forte mais surtout réfléchie ; contrairement à Tarte (mdrrrrr), elle n'est pas juste une écervelée aux seins gonflés à bloc et à la tête remplie de pensées pour son sauveur, elle a su tirer de ce qu'il lui a appris pour le réutiliser "contre lui" afin d'atteindre ses objectifs et en parallèle, elle est assez maligne pour gérer seule une start-up montante et les responsabilités qui vont avec, ce qui est encore une fois assez remarquable pour le souligner.
Même si à côté de ça, les autres personnages récurrents font le boulot sans casser trois pattes à un canard (un patrard aimant le plus puissant de sa lignée, une mère poule, deux sex-interests à la plastique improbable et à la voix insupportable...), les petits cons susmentionnés apportent à leur hauteur un vent de fraîcheur à un genre qui prenait la poussière et se complaisait dans ses clichés efficaces, certes, mais redondants à la longue, et à titre personnel, c'est vraiment pas pour me déplaire.
Animation
Du côté de la forme, c'est bancal. Le dessin est globalement sympathique, les bords légèrement colorés (qui me font grandement penser à Battle game in 5 seconds, possiblement du même studio du coup) changent un peu du noir habituel et marchent bien avec les couleurs et lumières mise en place, sur lesquelles un travail que je trouve remarquable a été fait. On a droit à pas mal de beaux plans de paysage, notamment en coucher de soleil, avec des effets de halo que je trouve vraiment agréables et réussis, très réalistes et qui renforce les scènes émotionnelles (en particulier une dans l'avant-dernier épisode que je trouve émouvante mais no spoil). Les scènes d'actions sont pour la plupart satisfaisantes même si la qualité du dessin et de la mise en scène ne réinvente rien ; ça a au moins le mérite d'être réussi à ce niveau.
En revanche, les CGI (ennemi n°1 de la nation on rappelle) viennent complètement ruiner l'immersion par moment, et c'est d'autant plus frustrant qu'elles sont pour la plupart vraiment évitables. Les carrosses, élément à l'importance considérable dans un monde où les voitures ne sont pas un mode de locomotion imaginable, semblent tous sortis d'un mauvais fanfilm sombre sur Rutube. Idem pour les soldats, toujours dans l'avant-dernier épisode où une importante scène d'action a lieu, ils ressemblent sans exagérer à des modèles 3d de Playmobil (preuve ci-dessous), c'est vraiment repoussant visuellement et très frustrant surtout quand à côté de ça, on a droit à des scènes d'actions plutôt sympathiques et intéressantes dans leur mise en scène et leur chorégraphie.
En ce qui concerne le charadesign, pas grand-chose de particulier à dire, du peu de planches que j'ai vues du manga, c'est plutôt fidèle à l'œuvre originale, mon seul problème résidant dans la plastique des membres du harem de Lugh qui est pour le coup réellement incohérente et exagérée (elles ont toutes un bonnet F à l'âge de 12 ans (?)) mais qui est plus du ressort du manga en lui-même que de son adaptation animée, qui ne s'est pas gênée côté fanservice (ce qui peut et va sans l'ombre d'un doute être dérangeant pour certains au vu de l'âge des intéressées).
Les décors sont assez variés, et malgré les carences en originalité dont je parlais plus tôt et les CGI qui niquent la vie de tous mes concitoyens français, je n'ai de la même manière pas grand chose à signaler dessus, c'est du medieval-fantasy de Kadokawa comme ils en ont fait et vont faire des dizaines donc rien de surprenant que ce soit solide de ce côté.
Son
L'ambiance sonore, quant à elle, colle assez bien à l'animation, certaines musiques ne sont pas sans rappeler celles de Re:Zero (au niveau des instruments et mélodies utilisées) et font très bien leur travail d'immersion dans cet univers que l'on connaît si bien. Dommage qu'aucune d'entre elles ne soit réellement marquante, c'est pas un point primordial mais ça a son importance, surtout associé à une belle image (et il y en a, pas constamment mais il y en a). Ca vaut aussi pour les OST, pas plus notables que ça, notamment le début de l'opening sonnant assez étrange (pas dans le bon sens du terme) à mes oreilles ; l'ending fait son travail cependant.
Enfin, concernant le doublage, quelques petits points noirs : déjà, une grosse mue du protagoniste après un flashback au final assez jeune (chacun voit la puberté à sa porte je suppose), puis des voix féminines assez désagréables par moment (surtout celles du harem), et à un ou deux moments des voix qui ne collaient pas du tout au personnage incarné, mais sachant qu'on parle en l'occurrence de personnage tertiaires, c'est vraiment du pinaillage. Pour le reste, les seiyû font un bon boulot, l'interprétation est de manière générale juste et j'ai pas eu à me plaindre à ce niveau pour l'instant. A voir sur la suite.
Au final, je ressors de cet anime mitigé : on a des preuves de bonnes idées et d'innovation sur certains points et de manque d'originalité et d'effort sur d'autres : des personnages intéressants, de belles couleurs, des lumières travaillées, un univers présenté comme riche mais finalement pas exploité et noyé dans des CGI atroces, un fanservice superflu et moralement questionnable, des procédés scénaristiques déjà vus en mieux ailleurs et un rythme très inégal. Malgré tout, en tant qu'isekai fast-food, il remplit plutôt bien sa tâche et n'a pas la prétention d'être plus qu'un isekai parmi d'autres, ce qui aurait également été possible avec les défauts en moins. En espérant que la suite soit mieux.
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