
Atlantid
a review by Mickmorgan

a review by Mickmorgan
Se devant de suivre des règles pour respecter certains codes du genre, les auteurs de shōnens peinent parfois à se démarquer les uns par rapport aux autres. Il n'est ainsi pas rare de voir des oeuvres éprouver des difficultés à trouver leur public et espérer durer dans le temps, dans une industrie où la popularité influence et détermine le choix des éditeurs, d'arrêter ou non les oeuvres en cours de publication.
Il m'est déjà arrivé par le passé de lire des mangas dont les derniers tomes me laissaient un peu sur ma faim, comme s'ils avaient été brusquement conclus par décision des éditeurs ; je pense notamment à Shaman King ou Hikaru no Go. Et il n'y a rien de plus frustrant, chez les passionnés de lecture, que de commencer une oeuvre sans jamais pouvoir connaître le fin mot de l'histoire.
C'est malheureusement pour moi, ce qu'il vient de se passer avec Atlantid, que je viens de finir et qui rentre dans la liste des nombreux mangas qui amenèrent l'auteur, en l'occurrence Hidenori Yamaji pour ce qui est d'Atlantid, à bâcler la série.
Avant de revenir sur ce qui est d'après moi, la principale raison de l'échec d'Atlantid, je vais brièvement vous présenter le pitch de départ.
Le manga nous plonge dans un Londres en pleine révolution industrielle où un jeune adolescent vole un mystérieux anneau convoité par une organisation secrète. Alors qu'il est pris en chasse, il comprend très vite que l'objet renferme des pouvoirs anciens très puissants et qu'il vaut mieux éviter que celui-ci ne tombe entre de mauvaises mains.
On peut se dire que c'est un scénario classique de shōnen, où le personnage principal va avoir la noble mission d'empêcher les forces du mal d'avoir le pouvoir et qu'il va parallèlement progresser pour pouvoir leur faire face. Comment expliquer alors ce manque de succès et l'arrêt prématuré de la série ?
J'indiquais plus haut, qu'il y avait une raison en particulier et celle-ci concerne l'abondance d'éléments mystérieux. L'auteur a visiblement voulu créer un manga se voulant "bien pensé" et a donc mis l'accent sur le mystère, avec pour objectif - probable - de lever le voile, des volumes plus tard, sur les mystères de son oeuvre, afin de lui donner cette impression qu'elle fut réfléchie en amont et que tout ce qui allait se passer était prévu depuis le départ. C'est ainsi que nous avons un personnage principal dont on ne sait pas grand chose, mis à part son nom et le fait qu'il est orphelin ; des amis à lui qui ne sont pas vraiment mis en avant et qui ne sont donc pas attachants ; une organisation secrète qui fait office d'antagoniste ; une autre organisation secrète qui semble être du côté du héros ; un objet mystérieux aux pouvoirs qui le sont tout autant ; sans oublier le cadre spatio-temporel du récit qui manque de cohérence, entre l'action étant supposée se tenir dans le Londres de 1882 et la technologie digne du XXIe siècle utilisée par certains personnages.
Trop de mystère, tue le mystère.
Il n'est pas évident pour un lecteur de s'accrocher à la lecture, lorsque rien ne lui parle et j'ai le sentiment que c'est ce qui a conduit Atlantid droit dans le mur.
Sans aucune prétention, j'ai supposé - au travers d'une conversation avec mon frère - que cette façon de faire, qui manque de sincérité et qui fut plus que maladroite, ne pouvait être l'oeuvre que d'un jeune auteur sans expérience et après vérification, il s'avère effectivement que le CV de Hidenori Yamaji était vierge et qu'Atlantid fut son premier travail.
Conclusion : Passez votre chemin
Difficile de voir Atlantid comme un manga à fort potentiel, puisque tout laisse à penser que la trajectoire qui aurait été prise, nous aurait conduit à un énième shōnen, à la fois banal et sans saveur. Le manque d'expérience et de sincérité de l'auteur, font que je n'ai pas tant de regrets que d'habitude, lorsqu'il m'arrive de tomber sur des oeuvres qui ne connaissent pas de fin. Je note tout de même un coup de crayon fin, qui permet d'enrichir les planches en détaillant celles-ci, le tout dans un style qui se prête bien aux shōnens, mais cela ne suffit pas à me faire regretter Atlantid.
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