Lorsque MSG sort en 1979, le mecha est déjà très populaire. Le sous-genre des Super Robot connaît une grande explosion avec Mazinger Z (1972), Getter Robo (1974) ou encore UFO Robo Grendizer (connu en France sous le nom de Goldorak). Malgré cette prédominance, Gundam choisit de se démarquer instantanément en concevant des robots de taille plus modeste, s'apparentant à un exosquelette.
Et il faut reconnaître que les designs sont réussis, que ce soit du côté de la fédération avec le RX-78-2 et ses couleurs attirantes, ou encore sa structure équilibrée qui met en avant ses capacités novatrices. De l'autre côté, Zeon met en avant de nombreux modèles, dont le plus emblématique : le MS-06 Zaku. Plus neutre, il inspire rapidement la rigueur militaire grâce à ses couleurs mais aussi à son design plus robuste et compact.
Ce côté réaliste est un vrai atout pour l'œuvre, car il apporte des affrontements de taille humaine qui sont appréciables à plusieurs égards : d'une part, ils offrent un aspect stratégique, et d'autre part, ils permettent d'apprécier les personnalités des personnages lors des batailles, ou encore de faire ressentir le dramatisme suite à la mort d'un pilote. Néanmoins, cela pose un sérieux problème lorsqu'il s'agit de comptabiliser les victimes d'Amuro Ray, qui malgré son jeune âge réussi à vaincre :
Pour moi, deux éléments principaux peuvent expliquer cette capacité à vaincre des vétérans. Le premier est évidemment les prouesses techniques du RX-78-2, considéré comme une arme extrêmement avancée par rapport à la technologie de Zeon. Le deuxième est le concept de Newtype, qui met en avant une nouvelle race d’individus ayant « évolué » pour réussir à s’adapter à la vie spatiale. Et c’est malheureusement un défaut qui m’empêche d’apprécier pleinement l’œuvre car il s’agit d’un schéma narratif trop récurrent dans l’oeuvre (on le retrouve d'ailleurs dans le reste de la saga).
Amuro Ray est en danger ? Ne vous inquiétez pas, son superbe robot à la pointe de la technologie lui permettra d’affronter ce mobile suit malgré trois jours de combat et une jambe cassée !
Le gundam est en pleine forme mais il perd ? Ne vous inquiétez pas, ses gènes de Newtype vont s’éveiller et il va réussir à retourner la bataille grâce à ses réflexes et ses super sens !
Cette redondance est dommage, car je trouve que les personnages de la première série sont très intéressants. L’utilisation d’enfants et de civils pour « dénoncer » la guerre est bien amenée, provoquant des divergences de points de vue sur le rôle d’un soldat, l’utilité de la guerre ou encore la prise de conscience des morts qu’elle engendre.
Néanmoins, le plus gros défaut de Gundam, c’est la longueur de la série et l’inintérêt de certaines parties du récit. La course-poursuite sur terre est bien trop longue et le schéma narratif des épisodes rend l’œuvre imbuvable. On enchaîne pendant quasiment 20 épisodes des décors terrestres désertiques, avec une fin d’épisode où ils affrontent Zeon pendant 5 minutes. C’est pénible, long, fastidieux, et trop « surchargé » pour la plus-value scénaristique que cela apporte.
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