

Je suis une grande fan de thrillers, mais étonnamment, Limit est l’un des tout premiers (voire le premier ??) thriller que je lis en manga. Peut-être tout simplement parce qu’il n’y en a pas assez ? (On en veut plus svp !! ).
Bref, parlons-en.
Limit apporte une vraie fraîcheur au genre. On suit des personnages adolescents, certes, mais loin d’être caricaturaux. Leur maturité se construit progressivement, surtout en situation de crise, et c’est justement ce qui rend leur évolution crédible et cohérente. Rien n’est forcé : on sent que la survie oblige chacun à se révéler, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.
Et oui, Limit est un shojo (comme quoi, shojo ne veut absolument pas dire romance n’est-ce pas?? ). Franchement, j’ai encore du mal à croire que le manga date de 2009 : les dessins sont magnifiques et ont incroyablement bien vieilli. Visuellement comme thématiquement, l’œuvre reste très actuelle. Le traitement du harcèlement est juste percutant et la tension est palpable à chaque page.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’écriture des personnages. On découvre différentes facettes de l’être humain face au danger et à l’instinct de survie et c’est extrêmement bien fait. Chaque personnage est profond, compréhensible, avec sa part d’ombre. C’est réaliste, dérangeant parfois, mais jamais gratuit. On peut détester certains comportements tout en comprenant d’où ils viennent.
Mention spéciale à Kamiya, qui reste ma préférée : ultra lucide, rationnelle, elle incarne ce à quoi on aimerait tous ressembler dans une telle situation… même si, soyons honnêtes, ce n’est pas toujours possible.
L’histoire est rythmée, pleine de tension et de plot twists. Clairement, impossible de lire un tome sans enchaîner le suivant : les 6 tomes se dévorent d’une traite, sans qu’on voie le temps passer.
Cela dit, si j’écris cette review, c’est aussi par frustration (un peu, beaucoup ?). J’ai eu plus de mal avec la fin. J’aurais vraiment aimé un tome supplémentaire, consacré aux conséquences : leur vie après, l’impact psychologique, les réactions des familles et de l’entourage. J’aurais aussi voulu comprendre pourquoi les secours ont mis autant de temps à arriver, et pourquoi l’alerte n’a pas été donnée plus tôt.
La conclusion mise beaucoup sur le “pouvoir de l’amitié”. Certes, les événements traumatiques peuvent rapprocher, mais j’aurais trouvé plus réaliste qu’au moins un des personnages soit profondément marqué au point de couper les ponts, de changer d’école, voire de ville, pour tout recommencer à zéro (personnellement, c’est ce que j’aurais fait lol). Voir comment les autres auraient réagi à cette rupture aurait ajouté une vraie profondeur supplémentaire.
Malgré tout, ces réserves relèvent plus de l’approfondissement que d’un vrai défaut. Elles n’enlèvent absolument rien aux qualités de l’œuvre, que j’ai adorée. Je n’aime pas trop noter les œuvres, sauf quand je le ressens vraiment et ici, c’est un solide 8/10.
#LibérezLesShojos
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