Change: many claim they welcome it with open arms. Yet in practice, even non-serious or dangerous ones can be distressing for they might challenge our values, biases, and comfort zones, let alone changes tied to mortality (such as disease and aging). And outside changes themselves, mere knowledge on impermanence and ephemerality can be painful; understanding that no matter the value attached at anything or anyone they will not be the same can suffice.
However, this knowledge also has another aspect: transitions in life can make individuals more appreciative of the beauty and importance in details they would normally overlook, given often hectic lifestyles, and value life overall more. Also, acknowledging mortality can provide with a powerful incentive to live more zealously, to be more receptive to knowledge and fresh experiences and to break the mold of a more stagnant lifestyle (whenever and wherever possible, of course).
The object of this review builds upon those ideas, in creative ways courtesy of great visual storytelling.
Yokohama Kaidashi Kikou is both post-apocalyptic fiction and part of the iyashikei subgenre of the slice-of-life genre, aiming at portraying peaceful daily lives in a serene environment to soothe readers. Does that seem like a paradoxical combination?
Alpha is a fascinating protagonist; although not a biological human she is warm, sweet and gentle, and seems more than content with leading a simple lifestyle even when hardly getting any customers in her café for days, and that attitude extends to her interaction with the environment and other inhabitants.
Saying however she is too carefree or beyond conflict would be false. Her personal circumstances and her surroundings make her very much aware of the passage of time and in turn, this causes intrapersonal conflict, yet without leading her at being aggressive towards others or insufferably angsty.
Few manga I know draw the most out of artwork in comparison to Yokohama. And that does not refer to quality of design, but to Ashinano cleverly exploiting individual strengths of the medium rather than demoting artwork to eyecandy. Character designs are smooth to eye, highly memorable and easily distinguished and there are many well-drawn backgrounds, but the true virtuosity is found elsewhere.
To elaborate, proper encapsulation plays a key role; rather than either extending chapters at too many pages or filling them with too many details, Ashinano instead keeps a modest number of 10-20 pages per chapter and focuses on the minimal required to keep harmony and convey more than words or excessive pencilling can. Layout of panels is creatively toyed with, from richly detailed and awe-inspiring splash pages (full-page illustrations) and double-page spreads, to borderless panels of varied sizes contrasting or even blending with overlapping bordered ones of varied sizes. Also, chapters fluctuate between being more dialogue-focused with a modest amount of speech bubbles to being introspective and caption-based to even entire ones following a total “show, don’t tell” approach, letting environment and close ups do the talk.
This fluid, dynamic and oftentimes economical approach is not just for looks or "resource management", for above all Yokohama is a sensory experience and its storytelling is more visual and implicit rather than script-based and explicit; artwork serves to immerse readers into a rich environment fitting the tone and purpose.
Le changement : beaucoup prétendent l'accueillir à bras ouverts. Pourtant, même les changements qui sont parfois anodins peuvent être pénibles, car ils peuvent remettre en question nos valeurs, nos préjugés et notre zone de confort, sans parler des changements liés à être mortels (comme les maladies et la vieillesse). Même en dehors de ça, la simple connaissance de l'impermanence et de l'éphémère peut être douloureuse ; il suffit de comprendre que, quelle que soit la valeur attachée à quelque chose ou quelqu'un, ils ne resteront pas les mêmes.
Cependant, cette connaissance a aussi un autre aspect : les transitions dans la vie peuvent faire que les individus apprécient davantage la beauté et l'importance des détails qu'ils négligeraient normalement, étant donné leur mode de vie souvent mouvementé, et qu'ils accordent une plus grande valeur à la vie en général. En outre, la reconnaissance de la mortalité peut constituer une puissante incitation à vivre avec plus de zèle, à être plus réceptif aux connaissances et aux expériences nouvelles et à briser le moule d'un mode de vie plus stagnant (chaque fois que cela est possible, bien sûr).
L'objet de cette revue s'appuie sur ces idées, de manière créative grâce à une narration visuelle de grande qualité.
Yokohama Kaidashi Kikou est à la fois un récit postapocalyptique et une partie du sous-genre iyashikei du genre « slice-of-life », visant à dépeindre des vies quotidiennes paisibles dans un environnement serein pour apaiser les lecteurs. Cela vous semble-t-il être une combinaison paradoxale ?
Il n'y a pas de narration principale, la plupart des chapitres sont des récits autonomes, centrés sur les aventures du gynoïde Hatsuseno Alpha dans ce qui est à peine la péninsule de Miura.
Alpha est une protagoniste fascinante ; bien qu'elle ne soit pas un être humain biologique, elle est chaleureuse, douce et gentille, et semble plus que satisfaite de mener un mode de vie simple même si elle ne reçoit pas de clients dans son café pendant des jours, et cette attitude s'étend à son interaction avec l'environnement et les autres habitants. Il serait faux de prétendre qu'elle est trop insouciante ou qu'elle ne se sent jamais en conflit. Sa situation personnelle et son environnement la rendent très consciente du passage du temps, ce qui provoque des conflits intrapersonnels, sans pour autant la conduire à être agressive envers les autres ou à éprouver une angoisse ennuyeuse.
Peu de mangas que je connais tirent les meilleures qualités de dessin par rapport à Yokohama. Et cela ne concerne pas la qualité des illustrations elle-même, mais le fait qu'Ashinano exploite intelligemment les avantages individuels du médium au lieu de réduire le dessin seulement aux images sympathiques. Les dessins des personnages sont lisses à l'œil, très mémorables et faciles à distinguer et il existe de nombreux arrière-plans bien dessinés, mais la véritable virtuosité se trouve ailleurs.
Pour élaborer, un encapsulage approprié joue un rôle clé ; plutôt que de prolonger les chapitres sur un trop grand nombre de pages ou de les remplir avec trop de détails, Ashinano garde plutôt un nombre modeste de 10-20 pages par chapitre et se concentre sur le minimum requis pour garder l'harmonie et transmettre plus que les mots ou le crayonnage excessif ne peuvent le faire. La mise en page des panneaux est jouée de façon créative, depuis les pages de garde (illustrations pleine page) et les doubles pages richement détaillées et impressionnantes, jusqu'aux panneaux sans bordure de tailles variées qui contrastent ou même se mélangent avec des panneaux à bordure chevauchante de tailles variées. De plus, les chapitres varient entre une approche plus centrée sur le dialogue avec une quantité modeste de bulles, une approche introspective et basée sur les légendes, et même des chapitres entiers suivant une approche "montrer, ne pas dire", laissant l'environnement et les gros plans faire la conversation.
Cette approche fluide, dynamique et souvent économique n'est pas seulement une question d'apparence ou de "gestion de ressources", car Yokohama est avant tout une expérience sensorielle et son récit est plus visuel et implicite que basé sur un scénario et explicite ; l'art sert à immerger le lecteur dans un environnement riche, adapté au ton et à l'objectif de récit.
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