
a review by Euphonogatari
5 years ago·Dec 29, 2020

a review by Euphonogatari
5 years ago·Dec 29, 2020
"Hibike Euphonium a résonné en moi." Ça, c'est un peu près ce que je vous dirais si je devais décrire ce qu'a fait Hibike Euphonium pour moi en une simple et courte phrase.

Attention, le texte qui suit constitue une review assez personnel et avec des spoilers, donc si vous n'avez pas vu Hibike Euphonium, passez votre chemin !
C'est après avoir complété mon quatrième rewatch intégral d'Hibike Euphonium, chose que je ne fais quasiment jamais, préférant la nouveauté à une expérience déjà passée. Qu'aujourd'hui je me suis enfin décidé d'écrire un peu sur cet anime et mettre des mots sur des sentiments qui sont encore enfouis en moi.
La première fois que j’ai regardé Hibike Euphonium, j’avais adoré. Je trouvais que c’était un super anime sur la fanfare qui transmettait sa passion avec brio notamment grâce à son atmosphère et son animation magnifique. Néanmoins, on est loin encore de la place que tient aujourd’hui cet anime dans mon cœur. Kumiko et la fanfare m’avaient laissé sur une belle touche et pourtant je ne m’imaginais pas à ce moment là que cet anime m’avait ensorcelé.

Les jours sont passés, puis ces jours sont devenus des mois et je me suis rendu compte qu’Hibike Euphonium restait dans mes pensées. Je me remémorais des scènes, l’ambiance et ces personnages. Pleins de choses qui ne m'ont pas sauté à la figure lors de mon premier visionnage. Peut être que pour vous c’est un sentiment plutôt commun que vous avez déjà eu après avoir visionné une oeuvre, pour moi, c’est la toute première fois qu’une oeuvre m'obsédait de la sorte, à ce point, et de cette manière.
C’est conscient que j’avais surement sous-estimé Hibike Euphonium que je me suis hâté pour le regarder une seconde fois. Un second visionnage comme une révélation, car oui, aujourd’hui, je peux le dire, Hibike euphonium s’assit largement dans mon top 3 animes au côté de la Monogatari series et de l’anime “Le rakugo ou la vie” !
Ce second visionnage m’a montré beaucoup de choses. Déjà, là où je trouvais que la série transmettait sa passion avec brio, rapprochant l’anime aux émotions qu’on peut ressentir au visionnage d’un anime de sport. Cette fois-ci ce sont surtout les personnages et comment le monde d’Hibike Euphonium vit qui m’a sauté aux yeux.
Je peux le dire maintenant, j’aime tous les personnages d’Hibike Euphonium, tous sans exception. Alors c’est sur il y en a qui me laisse un peu indifférent sans que je les trouve mauvais, comme Asuka et Midori (même si dans le cas d’Asuka c’est un peu particulier) mais je peux dire que Kumiko, Reina, Hazuki, Taki, Haruka, Kaori, Shuichi, Natsuki, Yuuko, Mizore, Nozomi, Aoi, Mamiko et plus récemment Kanade et Mirei m’ont tous fait ressentir des choses pour eux. C’est simple, je les trouve tous incroyablement humains et ils ont tous fait écho en moi, principalement la protagoniste Kumiko.

Kumiko Oumae est une jeune fille de 15-16 ans qui décide de rejoindre le lycée de Kitauji pour recommencer sa vie à 0. Nouvel environnement, nouveaux amis et nouvelle coupe de cheveux pour un nouveau départ dans sa vie. Tout ceci ne vient pas sans un background derrière. Au collège, celle-ci a vécu une mauvaise expérience avec sa fanfare qui l’a poussé à se détacher de cet univers. Finalement Kumiko ne savait pas pourquoi elle jouait, en témoigne la scène d’introduction où on la voit soulager de perdre sa compétition au collège.
Je me suis rendu compte à mon second visionnage que je partage beaucoup de points communs avec ce personnage, j’ai en effet moi aussi décidé de faire un reset dans ma vie après ma première année en étude supérieure pour m'orienter dans une autre voie. Une voie bien plus incertaine et inquiétante que la première que ce soit pour ma famille et honnêtement pour moi aussi.
C’est donc à 19 ans que j'entame ma seconde année en supérieur dans un tout nouvel environnement, accompagnant ce changement par une prise de décision dur et égoïste mais nécessaire. J’ai complètement coupé les ponts avec mon ancien moi, que ce soit dans mon comportement, ma vision des choses et de mes anciens amies "toxiques". J'ai conservé l'essence de ce qui fait ma personne et me suis libéré de chaines qui m'avaient trop longtemps bloqué dans ma vie. J’ai décidé de prendre un tout nouveau départ.
En rentrant au lycée Kitauji, Kumiko se rendra compte qu’elle n’a pas besoin de devenir une nouvelle personne, elle détachera ses cheveux pour reprendre sa coupe normale car sa passion pour la fanfare, son amour pour l’euphonium n’est pas né à ce moment là, il a toujours été là avec elle.
J’ai fait le choix de m’orienter dans le cinéma alors que je n’avais jamais vraiment manifesté mon amour pour cet art à mes proches, pourtant il était bien là. Si le reset de ma vie a bel et bien eu lieu, je ne regrette pas mon ancien moi, je ne regrette pas cette année “perdu” en étude supérieur, je prends tout ça et m’en sert chaque jour pour avancer dans cette nouvelle vie.
Finalement, Hibike Euphonium m’a réconforté dans le fait que cette voie n’était pas forcément une erreur et m'a motivé à devenir meilleur !
“Umaku naritai” ou “je veux m’améliorer” dans notre langue, tels sont les mots que crie Kumiko dans une des plus magnifiques scènes de tout Hibike Euphonium. C’est après la frustration de ne pas pouvoir jouer comme elle le voudrait, après que Taki sensei la juge pas assez forte pour jouer une partie d’euphonium pour le concours, laissant la charge à Asuka de s’en charger seule, que Kumiko va prononcer, que dis-je hurler ces mots ajoutant par la même occasion qu’elle est tellement frustrée qu’elle pourrait mourir. Pas la peine de vous dire que cette scène m’a énormément touché, pas parce que je suis pareil, mais parce que j’aspire à le devenir, à être complètement pris dans ce que je fais et à constamment m’améliorer.

Cette scène est un boost de morale énorme, une scène qui me brise autant qu’elle me réconforte. Après avoir prononcé ces mots, Kumiko peut enfin se mettre à la place de Reina qui au collège lui avait sorti ces mêmes mots. Reina est un idéal pour Kumiko, elle veut devenir spéciale, elle joue pour ça. Kumiko ne sait pas pourquoi elle joue au début mais au final elle trouvera la réponse, elle joue parce qu’elle aime l’euphonium, y a-t-il une raison supplémentaire à avoir ? Et moi ? Pourquoi ai-je décidé de tout plaquer du jour au lendemain, m’orientant dans une voie complètement différente que celle qui m'était destinée par mon parcours ou bien par la pression familiale ? Finalement la réponse est simple, c’est parce que j’aime ça, je suis bien plus heureux aujourd’hui que je ne l’ai été avant.
Kumiko est une spectatrice, c’est souligné plusieurs fois par plein de personnages ou par les événements qui se passent. Quand Taki sensei demande à la fanfare son objectif pour l’année à venir, laissant le choix du loisir ou de viser le tournoi national, Kumiko ne vote pas. Elle aura beau dire qu’elle ne vote pas car elle trouve la question orientée et donc injuste. Au final on sait qu’elle ne vote pas car elle se sentirait illégitime par rapport à Reina
Autre exemple, Haruka vit très mal le fait d’être présidente de la fanfare, se comparant constamment à Asuka qu’elle juge bien plus qualifiée pour ce rôle qu’elle. Alors que Kumiko vient pour la réconforter, Haruka lui demande si elle peut lui donner une qualité, Kumiko lui répondra un peu abasourdis qu’elle est gentille et prévenante. Réponse insipide qui ne trompera pas Haruka qui en ressortira encore plus blessé. Car il est là le dilemme de Kumiko, elle aspire à ne plus être une spectatrice mais comme lui fait remarquer Asuka, elle s'approche des gens puis recule par peur d’être blessée. Chacun a peur de dévoiler ce qu’il pense, l'appréhension avant de se jeter dans quelque chose est grande, on est tous à des degrés différents des spectateurs par peur de se blesser.
La façon dont Hibike Euphonium développe Kumiko est brillante, venant petit à petit faire grandir son personnage. Elle finit par comprendre et affronter sa sœur, lui disant qu’elle joue car elle aime l’euphonium. S’exclame devant Asuka, laissant tomber toutes justifications collectives qu’elle veut jouer avec elle au concours national aussi égoïste soit ce souhait et une fois qu’elle rencontre son miroir en la présence de Kanade, elle l’affronte sans fuir comme un bilan, un passage entre deux spectateurs dont l’une s’est laissée inspirer par une diva qui n’avait qu’une envie, être spécial. Kumiko grandit, Kumiko mûrit, elle est comme son instrument, un soutien discret mais présent pour tous ses proches.
Une chose m’étonnera toujours en regardant cet anime, c’est qu’il fait une superbe utilisation de l’environnement et du hors champs.
Hibike euphonium a un des meilleurs world building qui m’aient été possibles de voir. Alors on va se mettre d’accord, oui, on parle de soft world building comparé au hard qui serait un tout nouvel univers créé. Mais je ne considère pas le soft world building moins ambitieux ou intéressant que le hard, il faut juste bien le faire et Hibike Euphonium en est la preuve.
Les personnages d’Hibike euphonium vivent dans ce monde, que ce soit dans le champ de ce qui nous est montré qu’en hors-champ. Ils ont tous beaucoup de substance et sont compréhensibles dans leurs agissements. Le monde d’Hibike euphonium vit en dehors de Kumiko. Que ce soit dans d’autres lycées comme celui de Rikka avec Azusa ou bien avec des personnages comme Aoi ou Mamiko dont leurs absences dans le champ est justifiées et utile. Ils évoluent tous dans un cadre parfaitement maîtrisé par Kyoani. A commencer par le lycée Kitauji, en effet ça ne m'était jamais arrivé avant dans un anime mais je pense que je peux décrire les plans architecturaux du lycée tant le rendu des plans a de la personnalités et nous marque par leurs cohérences.

Finalement c’est tout cet écosystème qu'a réussi a créer Hibike euphonium qui va servir la narration de ses personnages de la meilleure des manières.
D'Aoi qui décide de quitter la fanfare pour poursuivre ses études, Mamiko qui décide de quitter ses études pour poursuivre son rêve, Hazuki qui apprend à échouer mais reste motiver avec la volonté de s’améliorer, Yuuko est son souhait égoïste altruiste de voir celle pour qui elle joue briller, Mizore et son approche des concours en passant par Reina et son parcours pour devenir spécial. Tous les personnages ont quelque chose à apporter à l’histoire et forment un cast extrêmement riches.
Finalement en 2 saisons, 2 séries de spécials (franchement dispensables), 1 film canon (Chikai no final) et un film spin off (Liz and the blue bird) qui n’est pas dispensable tant sa qualité n’est plus à prouver. Hibike Euphonium s'est imposé parmi les œuvres les plus adulées de Kyoto Animation et de mon cœur. La première saison donne une raison à Kumiko de jouer et devenir meilleur, la seconde de s’affirmer que ce soit envers sa famille que ses proches comme Asuka, Chikai no final nous montre comment Kumiko a évolué avec ses nouvelles responsabilités tout en traitant le thème de l’échec, Liz and the blue bird traite de la séparation et de l'égoïsme en amitié.
Hibike Euphonium est une formidable fresque de personnage humain, un parcours qui n’est toujours pas fini mais peu importe la qualité de la troisième saison, il y a une chose indéniable envers cette oeuvre, elle a réussis à toucher énormément de gens au plus profond de leur cœur. Merci KyoAni, merci Ayano Takeda, merci Kumiko et merci Hibike Euphonium, ton son résonne en moi.

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