
Bakemonogatari
a review by Euphonogatari
5 years ago·Dec 31, 2020

a review by Euphonogatari
5 years ago·Dec 31, 2020
Parler des monogatari, c’est toujours quelque chose de très compliqué… Dur de savoir par où commencer. Je me suis longtemps trouvé dans ce complexe état d’esprit ou j’ai envie de parler d’une des séries animées qui me passionnent le plus, mais ne pas savoir comment l’aborder pour lui rendre honneur de la meilleure des manières. Mais bon, aujourd'hui je me lance et cette review sera spoiler free donc enjoy !

Adapté du Light novel du même nom, écrit par NisioIsin, celui-ci nous dévoile dans la postface du livre 1 Bakemonogatari, qu’il est uniquement capable d’écrire des romans policiers. Bakemonogatari est sa tentative de sortir de ce schéma pour expérimenter d’autre chose, néanmoins les ressorts de l’écriture policier de NisioIsin ressortent toujours quand il se sent dépassé par sa série.
Dans les faits Bakemonogatari n’est pas un roman policier, mais on sent une démarche de NisioIsin à vouloir parsemer son récit de petit indice pour surprendre le lecteur sur un dénouement qu’il n’a pas vu venir et qui pourtant était sous ses yeux depuis le début. Je ne dis pas que NisioIsin fait tout le temps des plots twist mais il s’amuse du lecteur dans un récit qui amène beaucoup plus loin que ce qu’on pourrait penser de prime abord.
Tout ça se retrouve évidemment aussi dans l’anime Bakemonogatari qui adapte les 3 light novel de la Monogatari series qui constituent 5 arcs au total. 5 arcs pour 5 personnes et 5 problèmes/énigmes à résoudre par un protagoniste du nom de Koyomi Araragi.

Il y a quelque chose de propre à Bakemonogatari dans le style et l’ambiance qui contraste grandement avec le reste de la série. Évidemment, le changement de réalisateur entre la partie Bake et Nise en est la cause directe. En effet Oishi Tatsuya supervisé par Akiyuki Shinbo va rendre une copie très particulière. La direction artistique (DA) choisie sera une des causes de pourquoi on assimile l’animation du studio Shaft à la nouvelle vague française, et tout comme celle-ci en son temps, elle est aussi la raison qui fait que cette série n’est vraiment pas accessible par son style.
Mais bon, je vous parle de la DA de Bakemonogatari mais qu’elle est telle ? Eh bien, elle repose sur une ambiance assez sombre, onirique tout en étant épurée comme chargée en éléments. La colorimétrie reste très sombre avec notamment beaucoup d’oranges et un travail sur les contrastes intéressants. Le rythme peut être très lent, laissant place à des dialogues longs ou le décor souvent épuré stimulera nos yeux par ses éléments au premier plan ou cachés dans le décor. Mais le rythme peut très vite devenir très rapide avec des cuts brutaux et un montage à la limite de l'épilepsie souvent accompagné là, d’un décor chargé.

On ajoute à ça des récurrences dans les visuels, comme ajouter des images en prise de vues réelles (notamment pour les décors) ou bien les altérations de couleurs au sein d’une même scène. Tous ces éléments participent à donner ce cachet visuel unique à l'œuvre, mais si en parler comme ça peut paraître vomitif, Oishi Tatsuya et Akiyuki Shinbo en sont conscients et réalisent l’exploit de rendre ça attrayant.
Jamais je ne me suis sentie perdu au milieu de tout ça, cette DA est en vérité presque une nécessité tant l’anime s’oriente beaucoup autour de dialogues que certains trouveront trop long et sans réel intérêt. Si je peux comprendre pour longueur (chacun a ses limites on va dire), l'intérêt de ces dialogues est là, et souvent un rewatche de la série le montrera.
Mais passé cette DA, qu’est-ce qui reste à Bakemonogatari ? Et bien beaucoup de choses.
Étant le premier segment d’une grande et longue saga, Bakemonogatari pose les bases de l’univers et de ses personnages. Univers et personnages qui nous sont introduits avec un vécu déjà existant. En effet notre protagoniste Koyomi a déjà des relations avec plusieurs personnages dont le mystérieux Oshino Meme, la légendaire vampire Shinobu ou encore la déléguée anormalement parfaite, Hanekawa Tsubasa.
Si l’anime paraît lourd dans un premier temps, tout ce background déjà existant est très bien géré et Bakemonogatari se concentrera surtout sur 5 problèmes d'aberrations que Koyomi devra régler avec son mentor Oshino Meme.

Véritable ode aux dialogues et à la compréhension d’autrui, ces 5 arcs arrivent à proposer une introduction de personnages qui ne sonne pas comme tel. à aucun moment on ne ressent être dans une introduction car les arcs sont très complets en soi avec une morale et beaucoup à en tirer (éventuellement l’arc Nadeko Snake est peut-être celui qui sonne le plus comme un set up mais c’est plus facile de dire ça quand on connaît la suite).
La narration du récit se fera donc entre Koyomi et ces personnages qu’il devra aider. Dialogue tranchant, drôle (et parfois gênant c’est vrai), intelligent et souvent à double sens. L'intérêt de la Monogatari Series réside dans ces dialogues qui sont certes longs mais vraiment jouissifs quand on rentre dans le flow des répliques qui s'enchaînent rapidement.
L’accompagnement de ces dialogues se fait par les visuels comme expliqués précédemment mais aussi par deux autres facteurs : la musique et la mise en scène.

En effet l’ost de Bakemonogatari est vraiment efficace. On vient utiliser le plus souvent des boucles. Ces boucles de mélodies viennent accompagner les discussions des personnages, les scènes d'action et travailler l’atmosphère des scènes subtilement.
La mise en scène est une des grosses forces de l’anime. S’il y a un point d'interrogation à “tell don’t show ?” c’est bien parce que je n’aime pas vraiment attribuer cette expression à la monogatari series car les plans et le storyboard parlent énormément à lui tout seul.
Il y a dans la mise en scène de Bakemonogatari cette idée de représenter les personnages et notamment leur état d’esprit interne ou bien les rapports de forces entre eux. On peut donc la voir comme une mise en scène intimiste qui se concentre surtout sur les personnages. Des personnages qui seront d’ailleurs, les seuls montrés dans le champ de la “caméra”, car une des grandes décisions qui ont été prises par l’anime fut de ne pas représenter la foule. Ces personnages dont l’histoire ne s’attarde pas sont d’habitude là pour une cohérence d’univers mais dans Bakemonogatari ils sont absents mais plus qu'absents ils sont ignorés. Ainsi on traduit un trait de caractère propre au personnage principal qu’est Araragi et chaque personnage représenté dans le champ existe dans la diégèse d’Araragi. Diégèse cassée par divers personnages qui vont venir entrer en connexion avec notre protagoniste et dont souvent la mise en scène permettra de mieux comprendre des dialogues implicites.

La mise en scène de Bakemonogatari va au bout de ses idées mais peut dérouter certains notamment par son utilisation du fan service. La fan service est un terme très péjoratif qui navigue un peu au-dessus de la Monogatari Series sans que se soit vraiment faux (pour le fan service à motif de comic relief du moins) mais pas totalement vrai.
Car Bakemonogatari ne fait pas de fan service pour rien, il l’utilise pour raconter quelque chose. Ces passages dont la plus éloquente serait la première visite d’Araragi chez Senjougahara, permettent aux personnages féminins de s’approprier le champ, elles deviennent maître du cadre que ce soit pour séduire ou bien s’accaparer un moment pour souligner quelque chose. Dans les faits, on pourrait même considérer Bakemonogatari comme une construction d’anime harem cliché dans pas mal de points que je vous laisse découvrir par vous-même. Les personnages féminins sont donc l’essence de cette première partie, c’est par eux et ce qu’elles vont apporter à notre protagoniste Araragi que la série va avancer.

Bakemonogatari est une introduction fascinante en soi mais aussi au sein de la monogatari series. Chaque arc est divertissant et arrive à transmettre dans un cours laps de temps un propos. Par son aspect visuel qui se détache même du reste de la saga (à l'exception de Kizumonogatari) Bakemonogatari est un bijou dont la confusion avec une pierre sans intérêt peut-être faite tant l’anime est particulier. Mais si vous êtes courageux et que vous voulez vivre une expérience pas comme les autres, Bakemonogatari en est une bonne qui ne sait-on jamais, peut devenir spéciale pour vous comme elle l’a été pour beaucoup d'autres personnes !
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