
a review by Euphonogatari
5 years ago·Jan 15, 2021

a review by Euphonogatari
5 years ago·Jan 15, 2021
Étoile, et toi
Et toi, et moi
Le monde est vous, vous êtes le monde
Extrait de l'ending Etoile et toi de Kizumonogatari
Après l’excellente introduction que consiste Bakemonogatari, la suite viendra se montrer à nous 7 ans plus tard et sous la forme d’une trilogie de films.
Kizumonogatari encore une fois réalisé par Oishi Tatsuya et supervisé par Shinbou est une démonstration de tout le talent de la patte Shaft émanante de sa figure paternel Shinbou et d’un réalisateur atypique pleins de talents et d’idées qu’est Tatsuya.
Mais commençons par casser un mythe. Non, Kizumonogatari n’a pas été pensé pour être vu après Owarimonogatari. Je sais que c’est un sujet assez sensible et que les arguments de chaque camp sont valables, néanmoins, dire que Kizumonogatari a été pensé par Shaft pour être visionné après la première saison d’Owarimonogatari est faux.
En effet le studio avait tout d’abord projeté de sortir Kizumonogatari un peu près en même temps que Nisemonogatari, cependant le projet a rencontré des complications pour ainsi retarder sa date de sortie pour début 2016. Ce retard a amené deux choses, le premier est le changement de réalisateur pour l’anime Monogatari qui passeront à la main d’Itamura. Oishi Tatsuya étant bien occupé par sa trilogie. La seconde chose qu’apporte ce retard est, fatalement, du temps. Un temps qui sera utilisé pour prendre beaucoup de recul et penser à quelque chose de très grand.
Donc ce Kizumonogatari est regardable soit après Bakemonogatari (ce que je vous conseille vivement) mais peut aussi être vu après Owarimonogatari si jamais le gap d’animation vous repousse (on parle quand même de 7 ans d’écart entre Bake et Kizu). Bon maintenant qu’on a réglé les petits détails sur la production de ce Kizumonogatari, passons sur le vif du sujet. Visez grand pour toucher les étoiles mais la chute peut être encore plus douloureuse, cette trilogie Kizumonogatari est-elle à la hauteur de nos espérances ?

La première chose qui choque au contact de ce Kizumonogatari est son nouvel habillage visuel. Nouveau chara-design, une ambiance encore plus sombre avec des couleurs qui tendent vers le rose-blanc-rouge-orange et noir, des images en prise de vue réelle pour des inserts d’objets ou bien pour certains décors. Ces décors d’ailleurs gardent la même patte que sur Bakemonogatari, ils sont grands, très grands voir même immense dans une 3D vraiment convaincante.

Le chara design a complètement changé mais n'ayez crainte, on reconnaît parfaitement nos personnages préférés et leurs nouveaux looks sont vraiment très jolis avec une grande mention spéciale à Shinobu qui va avoir un chara design propice aux changements. Sans vous en dire trop, son chara-design est à la fois beau, éloquent et surtout rempli de sens.
Si cette refonte totale peut dérouter, je dois dire que je trouve ça vraiment génial que cette trilogie de film se démarque de la sorte de la série originale. Déjà parce que Kizumonogatari est assez différente dans son ambiance des autres parties et surtout parce qu'on a vraiment l’impression de regarder un film et pas juste un épisode plus long d’une série (critique que je fais souvent à la plupart des films d’animation sortis à la suite d’une série, coucou BGS).
Avec un montage similaire dans le style à Bakemonogatari, très rapide par moments comme d’une lenteur saisissante pour laisser le temps à une atmosphère pesante de s’installer, Kizumonogatari est une oeuvre visuellement folle qui sera magnifiée à sont pleins potentiels par les idées de Oishi Tatsuya et des différents animateurs qui vont venir donner leurs pattes avec des styles assez différents aux scènes du film.
Le travail d’habillage du film ne se contente pas de ses visuels, on peut évidemment parler de l’habillage sonore du film qui passe par la bande son magnifique qui enchaîne des musiques d’atmosphère, d’actions ou bien des thèmes plus extravagants.
Il y a aussi une habitude chez Tatsuya dans sa composition sonore qui est d’inclure des éléments sonores qui n’ont pas lieu d’être, que ce soit un hélicoptère, des cris de bébé ou un présentateur à la radio. Tous ces éléments participent à donner à cette trilogie, cette esthétique avant-gardiste qu’on ne retrouve nulle part ailleurs et qu’on viendra par la suite comparer aux idées de la nouvelle vague française de Truffaut et Godard. Une œuvre d’art d’un des réalisateurs les plus atypiques parmi un studio qui l’est déjà beaucoup !
Vous l’aurez compris, Kizumonogatari est très différent dans son ton de ses prédécesseurs. Si l’essence de la saga Monogatari est toujours là avec des longs dialogues, une importance particulière pour les personnages et un plot bien construit qui mène à une “morale” souvent ambiguë. Kizumonogatari est bien plus “sombre”.
J’aime voir l’atmosphère comme une représentation de la psyché de son protagoniste. Si dans Bakemonogatari, Araragi est en apparence du moins, assez sain d’esprit et propice à aider les autres, c’est limite une obsession chez lui. Dans Kizu on nous montre que ça n’a pas toujours été le cas, l’esprit d’Araragi est torturé par une vie qu’il juge insignifiante.
Vous comprendrez donc bien que l’atmosphère soit beaucoup moins “colorée” que sur Bake, ici tout y est plus sombre, la ville, les bâtiments et les personnages. L’histoire va d’ailleurs accompagner cette idée en la faisant se dérouler quasiment entièrement de nuit.
Un autre changement conséquent est dans l’action à l’écran. Kizumonogatari est la seule partie des mono qui présente de vrai combat. Je dois dire que je ne les trouve pas forcément transcendant (à l’exception du dernier qui est magnifique que ce soit dans l’animation ou bien les enjeux), mais ça doit être juste moi et mon aversion pour les combats. Pour être complètement objectif, ils sont plus que satisfaisants et bien chorégraphiés.

Kizumonogatari est pensé comme une tragédie. Une tragédie qui ne se voile pas la face et qui fonctionne incroyablement bien comme un flashback de Bakemonogatari. Dès le début nous sommes mis au courant, car oui, Kizumonogatari finira mal ! Mais, comment ça ? Pourtant Bakemonogatari nous montre en apparence un Koyomi Araragi serein et propice à aider son prochain ? Comment est-on arrivé à ce changement ? Comment tout le monde peut finir malheureux dans cette histoire ? Comment Kiss-Shot est devenu Shinobu ?
C’est à ces questions-là que propose de répondre Kizumonogatari sur 3 films, environ 3h30 de contenu. Néanmoins qui dit adaptation, dit choix et il est vrai que le studio Shaft a décidé de ne pas adapter l'entièreté des détails et des passages présents dans le light novel. Cela dit, je ne trouve pas que ce soit si dommageable pour le film et même sans avoir lu le Ln, j’ai bien suivi l’histoire et les interactions des personnages sonnent juste tout comme sa fin.
Deux éléments semblent avoir été enlevés de cette adaptation si j’ai bien écouté les lecteurs du Ln, l’explication des pouvoirs de vampire et le parallèle entre Koyomi et la plante. Si pour le premier je trouve que le film gagne à ne pas s’expliquer, s'épargnant de casser son rythme inutilement pour des choses, bien qu'intéressantes, n'empêche pas la compréhension de l’histoire tant cela tient de notre suspension consentie d'incrédulité.
Pour le second, il est vrai que ça aurait donné encore plus de substance au personnage d’Araragi et donné plus de force au combat final du second film.
Néanmoins, comme je l’ai dit avant, cela ne gène en rien la compréhension de l’histoire et cet oubli est largement justifié par les complications dues à la production des films. Ajouter des minutes de films n’est pas gratuit donc je leur en excuse.
Certaines personnes pourraient rétorquer que si Oishi Tatsuya ne laissez pas traîner en longueur certaines scènes, alors il aurait pu gagner du temps, mais encore une fois je vais me faire défenseur du réalisateur et cette longueur présente dans certaines scènes donnent ce cachet onirique, cette tension et joue sur nos attentes, c’est vraiment un parti pris esthétique qui ne plaira pas à tous mais cela donne à cette trilogie une aura unique que n'enlèverai pour rien au monde.
Il n’y a évidemment pas que des points forts à cette adaptation et pour moi son point faible est dans son découpage en 3 parties. Pour ma part, je trouve que si le 3ème film est incroyable, les deux premiers ne se suffisent pas à eux-mêmes. Le premier film fait trop “intro” même si certaines scènes pivot de celui-ci me le rendent automatiquement très sympathique à mes yeux, le second film marche mieux mais le rythme de celui-ci qui enchaîne les combats sur combats n’arrive pas à me prendre avec lui (encore une fois mon aversion pour les combats en son surement une cause). Le 3ème jouit de tout ce qui a été construit auparavant pour délivrer une conclusion magistrale et qui justifie en lui-même le setup des deux premiers films.
Peut-être que les films auraient mieux marché dans son rythme en série mais ça aurait dit de faire une croix sur la qualité de production de cette trilogie et personnellement je n’imagine pas Kizu sans ce chara design qui lui est propre, sans les idées de mise en scène de Tatsuya, sans cette longueur qui travaille l’atmosphère, finalement je n’imagine pas cette trilogie Kizumonogatari ne pas être une trilogie qui côtoie les étoiles.

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